L'orphelinat (2008) de J.A. Bayona

Laura, accompagnée de son mari et de son fils, retourne vivre dans la maison qui autrefois était l'orphelinat où elle passa une partie de sa jeunesse avant d'être adoptée. Son enfant, Simon, face à la solitude, semble s'amuser avec des camarades de jeu imaginaires, histoires auxquelles ses parents ne prêtent pas trop attention, jusqu'au jour où Simon disparaît...
Premier film du réalisateur, récompensé cette année au Festival du film fantastique de Gérardmer par le Grand Prix et le Prix du Jury, ainsi qu'aux Goyas (l'équivalent espagnol de nos Césars) avec pas moins de 7 récompenses, ayant explosé le box office espagnol en au point de devenir là bas le plus grand succès de tout les temps, et produit par le grand Guillermo Del Toro, il y avait de quoi espérer un grand moment de cinéma... Qu'en est-il ?
L'orphelinat, même s'il n'est peut-être pas le chef d'oeuvre escompté, reste malgré tout un sacré bon film, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que, en abordant des thèmes et un contexte déjà utilisés maintes et maintes fois (dans des films comme Les autres d'Alejandro Amenabar, Fragile de Jaume Balaguero, ou encore l'Echine du diable pour ne citer qu'eux), Bayona a su renouveler (un peu) le genre en apportant une petite touche personnelle, évitant toute surenchère visuelle et sonore, préférant le hors-champ et la sobriété pour distiller une ambiance oppressante assez efficace (même si certains effets "faciles" [portes qui grincent, apparitions fantômatiques, et j'en passe...] ont parfois été utilisés). Une scène, qui pourrait être l'exemple type de ce savoir-faire, est celle du "1,2,3 Soleil", qui nous scotche littéralement dans notre siège, sans qu'à aucun moment une image ou un son ne nous soient assénés violemment.
L'autre point fort du film est qu'en plus de nous donner tout ce qu'on est en droit d'attendre d'un film fantastique (quelques montées d'adrénaline au trouillomètre, et un scénario plutôt bien ficelé), une histoire très touchante nous est racontée sur l'amour d'une mère pour son enfant. Histoire d'autant plus belle que Belen Rueda, l'actrice interprétant le rôle de Laura, est bouleversante dans son personnage désemparé face à la disparition de son fils, mais dans le même temps prête à tout pour le retrouver. Cette émotion, qui ne tombe jamais dans l'éxagération et le larmoyant, au coeur d'un film fantastique est à mon avis ce qui permet à L'orphelinat d'être rangé au dessus de la plupart des productions fantastiques actuelles. A voir donc (même si dans le même genre le film de l'espagnol Jaume Balaguero, Fragile, est encore meilleur)